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2026 : une année clé pour la réforme du DPE

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L’année 2026 marque un tournant dans l’histoire du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), avec l’entrée en vigueur de changements significatifs qui auront un impact direct sur votre travail de diagnostiqueur immobilier, mais aussi sur les propriétaires, les bailleurs, les acheteurs et l’ensemble des acteurs du marché immobilier français. Face aux changements prévus, il est essentiel de prendre en compte ces évolutions pour accompagner vos clients avec expertise et pédagogie. Chez Diag Pilote, nous savons que vous maîtrisez déjà les fondamentaux du DPE, mais cette réforme mérite une lecture approfondie pour en comprendre tous les enjeux pratiques, techniques et réglementaires.

Rappels indispensables : qu’est-ce que le DPE ? 

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est un outil d’information essentiel en immobilier qui évalue la performance énergétique d’un logement selon une échelle de A (très performant) à G (très énergivore). Il s’agit d’un élément obligatoire lors de la vente et de la mise en location de biens immobiliers en France. Le DPE informe non seulement sur la consommation énergétique estimée d’un logement mais également sur ses émissions de gaz à effet de serre. 

Introduit pour renforcer la transparence des transactions immobilières et encourager la rénovation énergétique, le DPE s’est complexifié au fil des années. La réforme 2026 s’inscrit dans une logique d’adapter ce diagnostic technique historique aux évolutions sur la volonté de développer un mix énergétique. Pour résumer, cette réforme du DPE s’inscrit pleinement dans la réalisation des objectifs climatiques nationaux français.

Pourquoi 2026 est-elle une année charnière ?

2026 n’est pas une simple date dans le calendrier des diagnostiqueurs : c’est l’année où le DPE change réellement le quotidien des diagnostiqueurs. Alors que la réglementation a déjà connu des réformes importantes en 2021, 2023 et 2025, c’est en 2026 que certaines des modifications les plus sensibles pour les propriétaires et le marché seront appliquées.

La réforme du DPE prévue au 1ᵉʳ janvier 2026 est officialisée par un arrêté publié au Journal officiel le 13 août 2025. Cet arrêté modifie notamment la méthode de calcul utilisée pour mesurer la performance énergétique des logements, en particulier ceux chauffés à l’électricité. 

Le changement majeur : le coefficient de conversion de l’électricité

Le cœur de la réforme réside dans la révision du coefficient de conversion de l’électricité, utilisé pour convertir l’énergie finale en énergie primaire dans le calcul du DPE.

  • Avant 2026, ce coefficient était fixé à 2,3, ce qui signifiait qu’on attribuait 2,3 kWh d’énergie primaire à 1 kWh d’électricité consommée.
  • À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, il sera abaissé à 1,9, ce qui signifie que nous attribuons désormais 1,9 kWh d’énergie primaire à 1 kWh d’électricité consommée.

Cette révision représente une réduction d’environ 17 % du « poids » de l’électricité dans le calcul du DPE, ce qui va mécaniquement améliorer la note énergétique de nombreux logements, surtout ceux chauffés majoritairement à l’électricité.

Impact concret sur les logements

1/ Des logements mieux classés et sans travaux ?

Selon les estimations du gouvernement, près de 850 000 logements actuellement classés comme « passoires énergétiques » (F ou G) pourraient sortir de cette catégorie simplement grâce à la nouvelle méthode de calcul.

Cette évolution est particulièrement significative pour :

  • les logements chauffés à l’électricité (radiateurs, pompes à chaleur, planchers chauffants électriques, etc.) ;
  • les petites surfaces ;
  • les biens en copropriété souvent pénalisés par le mode de calcul précédent.

Pour les diagnostiqueurs immobiliers, cela signifie que certains biens qui avaient été identifiés comme nécessitant des travaux pour améliorer leur DPE peuvent obtenir une meilleure note « naturelle » en 2026. Bien entendu, cela peut bouleverser l’accompagnement classique des diagnostiqueurs envers les propriétaires vendeurs, surtout dans les contextes de vente ou de location.

2/ Moins de logements exclus du marché locatif

Depuis la loi Climat et Résilience, les logements très énergivores (classes F et G) sont progressivement interdits à la location. Pour rappel, voici le calendrier prévu ce jour : 

  • Classe G : interdite dès 2025,
  • Classe F : interdite à partir de 2028,
  • Classe E : interdite à partir de 2034.

La réforme de 2026 qui améliore mécaniquement certaines étiquettes DPE, va réduire le nombre de logements concernés par ces interdictions, notamment à court terme pour les logements classés F ou G à cause du chauffage électrique.

Conséquences techniques pour les diagnostiqueurs

Validité des anciens DPE

Tous les diagnostics réalisés avant 2026 restent valables jusqu’à leur date d’expiration. Toutefois, si le nouveau calcul peut améliorer une étiquette, il sera possible de mettre à jour gratuitement le DPE via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME, sans nouvelle visite sur site.

En tant que diagnostiqueur immobilier, vous devrez maîtriser ce processus de mise à jour et conseiller les propriétaires sur l’opportunité de l’activer.

Nouvelle lecture des résultats

Avec le nouveau coefficient mis en place, la classe énergétique d’un logement chauffé à l’électricité peut généralement progresser d’une ou plusieurs classes. Ce changement implique une mise à jour de vos pratiques d’interprétation. A vous, diagnostiqueur immobilier de :

  • repenser les communications de résultats avec pédagogie ;
  • anticiper les impacts de cette évolution sur les stratégies de rénovation et les recommandations techniques ;
  • discerner les cas où une rénovation reste toutefois indispensable ou utile malgré un meilleur DPE.
Adaptation à l’harmonisation européenne

L’abaissement du coefficient se rapproche des standards en vigueur ailleurs en Europe. Cette harmonisation vise à rendre les résultats du DPE plus cohérents avec le mix énergétique réel, particulièrement des pays comme la France où l’électricité est largement décarbonée grâce au nucléaire et aux renouvelables.

Impacts sur le marché immobilier

La réforme DPE 2026 ne change pas seulement la manière de calculer une étiquette : elle a des effets immédiats sur la dynamique immobilière.

Valorisation des biens

Un meilleur DPE peut :

  • augmenter l’attractivité d’un bien auprès d’acheteurs ou de locataires ;
  • diminuer les risques de décote immobilière ;
  • faciliter les transactions, notamment pour les biens précédemment pénalisés par une mauvaise note.

Les diagnostiqueurs immobiliers ont donc un rôle stratégique : expliquer clairement ces effets aux clients vendeurs ou acheteurs pour qu’ils comprennent la vraie valeur énergétique d’un logement après 2026.

Une incitation à rénover réduite

Certaines analyses soulignent que cette réforme pourrait ralentir les rénovations énergétiques pour les logements chauffés à l’électricité, car une bonne note DPE peut réduire l’urgence perçue des travaux.

Cela pose un débat intéressant sur l’équilibre entre information, équité de calcul et action concrète sur la performance énergétique réelle du parc immobilier.

Conseils pratiques pour les diagnostiqueurs

1) Mettez-vous à jour dès maintenant

Familiarisez vous avec les textes officiels, les arrêtés et les outils de mise à jour de l’ADEME. Une bonne compréhension des nouvelles règles vous permettra d’être consulté en expert auprès de vos clients.

2) Communiquez de manière pédagogique

De nombreux propriétaires ne voient pas la différence entre meilleur DPE et réel gain énergétique. Expliquez :

  • ce que change le coefficient de conversion ;
  • ce que cela signifie pour leur bien ;
  • les avantages mais aussi les limites de ces améliorations mécaniques.
3) Anticipez les stratégies de rénovation

Même si certains logements s’améliorent naturellement, la rénovation énergétique reste un levier essentiel pour réduire les consommations réelles, les factures et les émissions. Vous pouvez aider vos clients à prioriser les travaux pertinents.

 

2026 est une année clé pour la réforme du DPE parce qu’elle introduit une évolution technique de grande ampleur : le changement du coefficient de conversion de l’électricité, qui modifiera durablement la façon d’évaluer la performance énergétique des logements. Cette réforme apporte de nouvelles opportunités comme des défis, tant pour les diagnostiqueurs que pour les acteurs du marché immobilier. En tant que professionnel de l’immobilier, comprendre ces changements vous permet non seulement de mieux accompagner vos clients, mais aussi de renforcer votre expertise sur un sujet central dans le contexte de la transition énergétique en France. Envie d’aller plus loin ? Chez Diag Pilote, on est là pour vous aider à maîtriser la réforme DPE 2026, étape par étape, pour que chaque diagnostic soit une source de valeur ajoutée.

Diag Pilote vous aide à vous focaliser
sur l’accompagnement de vos clients en vous facilitant le quotidien.

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